Textes
personnels
Retrouvez ci-dessous quelques extraits de nos écrits personnels :
Tout public
LA PILULE DU BONHEUR
Paul remonta le col de son manteau le plus haut possible. Mais malgré cela, un courant d’air glacial parcourut sa nuque, comme si le froid cherchait à entrer en lui. Il se demanda une fois encore ce qu’il pouvait bien faire dehors de si bonne heure, alors que le soleil était encore loin de se lever. Mais la réponse était bien trop évidente. L’angoisse l’avait encore réveillé au beau milieu de la nuit, et après s’être retourné pendant plus d’une heure dans son lit, il avait décidé de sortir pour parcourir les rues de la ville, seul remède à ses insupportables insomnies. Cela devait faire au moins une heure qu’il errait, reprenant plusieurs fois les mêmes rues.
Soudain, alors qu’il pénétrait dans une petite rue étroite qu’il n’avait encore jamais remarquée, une lueur attira son attention. En s’approchant, il remarqua qu’elle provenait d’une minuscule boutique. Il regarda à l’intérieur, plus pour se distraire un instant que par un réel intérêt. Dans la vitrine, se trouvaient tout un tas d’objets, plus étranges les uns que les autres. Des fioles, des petites horloges, des livres poussiéreux, tout cela était entassé, sans souci esthétique apparent. Sur la gauche de l’étalage, un petit bocal attira son attention. Il était rempli de petites pilules blanches et dessus était inscrit « La pilule du bonheur». « Si seulement cela pouvait être vrai » pensa-t-il. Il allait poursuivre son chemin lorsque la porte du magasin s’ouvrit brusquement, le faisant sursauter. Il étouffa un cri. Un petit homme se tenait maintenant devant lui, la fiole à la main :
...
Jeunesse
UNE MAMIE PAS COMME LES AUTRES
Et voilà, les vacances sont
arrivées. Enfin. Comme papa et maman sont très
occupés par leur travail, ils nous ont envoyés,
Cam et moi, passer deux semaines chez mamie. Pfff...c'est toujours
pareil! Mais non, je plaisante. On va passer des supers vacances, comme
d'habitude, parce qu'on a une super mamie.
Au fait, Cam c'est ma petite sœur, elle n'a que dix ans. En
réalité, elle s'appelle Camille, mais tout le
monde l'appelle Cam, parce que c'est plus court et parce que son
rêve c'est d'être Cameraman. Moi c'est Max, je suis
donc l'aîné, et je vais sur mes douze ans.
Mamie est venue nous chercher à la gare. Comme d'habitude,
elle se jette sur nous pour nous embrasser dès qu'on descend
du train. Mais cette fois, je la sens un peu nerveuse. Elle nous
demande à peine comment s'est passé le voyage et
comment vont papa et maman. Elle prend nos valises et se file vers la
voiture. Même pas une petite halte à la
boulangerie pour le goûter? Il y a vraiment quelque chose qui
ne va pas :
- ça va Mamie? Je lui demande l'air de rien
- Oui, oui...
Elle me regarde en souriant, pour essayer de me convaincre. C'est raté, je la connais trop bien.
- Et au village? je continue. Quoi de neuf? Est-ce que le cyberespace fonctionne toujours? J'ai hâte d'y aller.
- Oui, au village tout va bien. Tout va bien.
Elle ne semble pas s'être aperçue qu'elle n'a pas répondu à ma question. Cam me jette un regard en coin. Je crois qu'elle aussi se pose des questions.
Poésie
CORTEGE ... A LA MANIERE DE JACQUES PREVERT
Langue de sac, cul de bois
Statue de ficelle, bout de liberté
Lutte de marées, ras des classes
Pied de puces, sac à nez
Pas de gamme, bas de porte
Haut les gris, vert de cœur
Pas d’ange, nid de loup
Cheval de brume, Terre à Bascule
Boule de pétrole, puits de nerfs
Course de vipères, nœud de pieds
Terre de bol, ras l’asile